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Triple Nationalité : "Martelly devra s’en aller si cela est prouvé"

PORT-AU-PRINCE, Haiti (defend.ht) – "Le chef de l'Etat ne peut pas se dérober, il doit éviter les faux-fuyants et dire toute la vérité à la nation", a déclaré samedi dernier Anthony Barbier de la Fusion des Sociaux-démocrates sur les ondes de radio Caraïbes, à Port-au-Prince, sur la question de la triple nationalité du président Martelly. "Il devra s'en aller s'il se révèle que le sénateur Moise Jean-Charles avait raison dans ses accusations", a ajouté M. Barbier.

La question de la double ou plurinationalité supposée du président de la République a été largement commentée à l'émission « Ranmase » de Radio Caraibes samedi dernier. Anthony Barbier de la Fusion des Sociaux-démocrates est formel sur la question. "Le chef de l'Etat ne peut pas se dérober, il doit éviter les faux-fuyants et dire toute la vérité à la nation. C'est une affaire extrêmement grave et dangereuse à la fois; l'on ne peut se permettre de jouer avec ça".

L'ancien ministre de la Planification ajoute que le président Martelly et la nation connaissent déjà les conséquences puisque la constitution et les lois de la République ne permettent aucune interprétation. "Il doit s'en aller s'il se révèle que le sénateur Moise Jean-Charles avait raison dans ses accusations", a encore précisé M. Barbier.

Même son de cloche du coté des autres panélistes qui jugent les accusations du parlementaire particulièrement graves pour être approfondies et dissiper les doutes. L'ingénieur Christian Rousseau met la responsabilité de cet éventuel chaos sur le compte de la faiblesse ou de l'inefficience des institutions de l'Etat: la Cour des Comptes par exemple ou du CEP qui n'a pu vérifier l'authenticité des pièces qui lui sont soumises par les candidats aux élections.

Me André Michel s'est lui-même offusqué du peu de cas au dossier fait par le principal concerné: "La gravité des accusations aurait du porter le président de la République à donner une réponse convaincante et sérieuse à la question, il a préféré la passer en dérision; ce qui dénote une désinvolture inacceptable à ce niveau de l'échelon du pouvoir", selon le juriste, opposant farouche au président Martelly.

Me Aviol Fleurant qui dit lui-même attendre les conclusions du rapport de la commission d'enquête du sénat avant d'avoir une position arrêtée sur la question déplore cependant la non-publication à date de l'amendement constitutionnel qui offre certaines garanties de représentativité de la diaspora dans les affaires politiques internes du pays. Me Fleurant croit toutefois que si les accusations contre le président sont fondées, celui-ci n'aura même pas à attendre une procédure parlementaire de mise en accusation pour s'en aller.

Pour sa part, le nouveau président du sénat dit amèrement regretter le fait qu'il ne puisse plus continuer à fonctionner au sein de cette commission d'enquête sur la nationalité d'une trentaine de personnalités au sein du pouvoir. Desras Simon Dieuseul croit cependant que tout en étant à la tête du sénat et de l'Assemblée nationale, il fera en sorte que toute la lumière soit faite autour de cette question.

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